Machine arrière dans l’éolien allemand

Selon « The Gardian », Berlin tenterait de faire machine arrière sur ses ambitions en matière de développement d’énergies renouvelables.

La cause n’en étant même pas l’impossibilité, avérée depuis des années, de remplacer la moindre centrale thermique par des énergies intermittentes du fait de la susceptibilité de celles ci de tomber à tout moment à moins de 1% de leur puissance nominale, mais proviendrait, à l’inverse, des records de production intempestifs, décorrélés des besoins de la consommation, qui saturent le réseau électrique allemand conduisant à devoir payer les exploitants éoliens pour qu’ils arrêtent leurs machines, ainsi que l’indique l’article.

Le seul renforcement prévu pour la connexion nord/sud, devant permettre de refouler les pics de production des éoliennes du nord de l’Allemagne est estimé à plus de 14 milliards d’euros.
Ce sont en effet, jusqu’alors, les pays voisins qui en font les frais, avec les lignes françaises, polonaises et tchèques que l’Allemagne emprunte actuellement en les fragilisant. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Tchéquie et la Pologne se préparent à construire un transformateur déphaseur géant afin d’empêcher ce flux électrique indésirable de traverser leurs frontières.

La revue technologique du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology) constatait récemment que réussir une transition énergétique n’était pas si simple, qu’il était inconséquent de subventionner la mise en place d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques sans en avoir anticipé l’intégration dans le réseau, et que la Chine, à l’instar de l’Allemagne était incapable d’intégrer la production des énergies intermittentes, laissant plus de la moitié de leur puissance déconnectée du réseau dans certaines provinces (Xinjiang).
Selon un rapport qui aurait « fuité » dans le Süddeutsche Zeitung, c’est l’équivalent de la consommation annuelle de plus d’1 million de foyers qui aurait ainsi été perdue en 2015 en Allemagne.

Les coûts du renforcement des interconnexions sont difficiles à assumer et la variation, dans une échelle de 1 à 50, des flux qui leur sont imposés au gré du vent, hypothèque l’intérêt de ces investissements.

Quant à la partie connectée, l’effondrement des prix, jusqu’à des cours négatifs, entraîné à chaque record, parallèlement à une augmentation des exportations, suggère le peu d’intérêt de ces records et explique pourquoi l’Allemagne présente un solde export net en augmentation chaque année, (Enerdata /Lowest ten/year) boosté par l’augmentation exponentielle de la puissance intermittente, sans réduction de la puissance pilotable installée.

L’échec de cette politique semble désormais patent, aussi bien sur le plan de la maîtrise des coûts que sur celui de la réduction des émissions de CO2.

Le Vice Chancelier Sigmar Gabriel n’en ignore rien et aurait déclaré, déjà en 2014, « La vérité est que la transition énergétique est sur le point d’échouer. La vérité est que, sous tous les aspects, nous avons sous-estimé la complexité de cette transition énergétique. La noble aspiration d’un approvisionnement énergétique décentralisé et autonome est bien sûr une pure folie ! Quoi qu’il en soit, la plupart des autres pays d’Europe pensent que nous sommes fous.« 

Non, Monsieur le Vice Chancelier, quand bien même l’Allemagne se casse les dents avec encore 66,8% de sa production d’origine fossile (dont nucléaire), la France rêve encore de vous surpasser par un mix 100% énergies renouvelables!

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